Comprendre l’AVC et comment le prévenir

Un accident vasculaire cérébral (AVC), est une anomalie de la circulation sanguine qui affecte une région plus ou moins importante du cerveau, suite à une obstruction ou une rupture d’un vaisseau sanguin ce qui provoque la mort des cellules nerveuses irriguées par ce vaisseau (elles ne se régénèrent pas) , par un manque d’oxygène et des éléments nutritifs. La gravité des séquelles dépend de la région du cerveau atteinte et des fonctions qu’elle contrôle. Le cerveau a une certaine capacité d’adaptation, des cellules nerveuses saines réussissent parfois à prendre la relève des cellules mortes si elles sont stimulées par divers exercices.

I- Les causes d’AVC:

  • L’athérosclérose.
  • L’hypertension artérielle : Avec le temps, la pression anormale exercée par le sang sur la paroi des vaisseaux sanguins peut provoquer leur rupture.
  • L’anévrisme : c’est un gonflement d’une petite section d’une artère, en raison d’une faiblesse de la paroi.

II- La prévalence:

La prévalence des AVC a considérablement diminué au cours des dernières décennies. Depuis les années 1990, elle semble toutefois se stabiliser.

Encore aujourd’hui, au Canada, plus de 50 000 personnes subissent un AVC chaque année et environ 14 000 en meurent. Si les AVC sont plus rares que les crises cardiaques, ils représentent tout de même la troisième cause de mortalité au pays et sont un facteur important d’incapacités.

Les trois quarts des AVC surviennent chez des gens âgés de 65 ans et plus. Au Canada et en Amérique du Nord, en général, ils touchent plus les femmes que les hommes. De jeunes enfants peuvent aussi en souffrir, mais cela se produit rarement.

III- Les types d’AVC:

  • La thrombose cérébrale: Elle représente de 40 % à 50 % des cas. Elle se produit quand un caillot sanguin se forme dans une artère cérébrale, sur une plaque de lipides (athérosclérose).
  • L’embolie cérébrale: Elle représente environ 30 % des cas. Comme dans le cas de la thrombose, une artère cérébrale est bloquée. Cependant, ici, le caillot qui bloque l’artère s’est formé ailleurs et a été transporté par la circulation sanguine. Il provient souvent du cœur  ou d’une artère carotide (dans le cou).
  • L’hémorragie cérébrale: Elle représente environ 20 % des cas, mais c’est la forme d’AVC la plus grave. Souvent causée par une hypertension de longue date, elle peut aussi résulter de la rupture d’une artère du cerveau, là où se situe un anévrisme. En plus de priver une partie du cerveau d’oxygène, l’hémorragie détruit d’autres cellules en exerçant de la pression sur les tissus.

    Il peut arriver que l’obstruction d’une artère cérébrale ne soit que temporaire et qu’elle se résorbe naturellement, sans laisser de séquelles. On appelle ce phénomène accident ischémique transitoire (AIT) ou mini-AVC. Le diagnostic est confirmé par une IRM. Les symptômes sont les mêmes que ceux d’un « vrai » AVC mais ils disparaissent en moins d’une heure. Un mini-AVC est un signal d’alarme à prendre au sérieux : il peut être suivi d’une attaque cérébrale parfois plus grave au cours des 48 heures suivantes.

IV- Les symptômes d’un AVC:

  • Des étourdissements et une perte soudaine d’équilibre.
  • Un brusque engourdissement, une perte de sensibilité ou une paralysie du visage, d’un bras, d’une jambe ou d’un côté du corps.
  • Une confusion, une difficulté soudaine à s’exprimer ou à comprendre.
  • Une perte soudaine de la vue ou une vision trouble dans un seul œil.
  • Un mal de tête subit, d’une intensité exceptionnelle, accompagné parfois de vomissements.

V- Les personnes à risque d’avoir un AVC:

  • Les personnes ayant déjà eu un accident ischémique transitoire (mini-AVC) ou un AVC.
  • Les personnes atteintes d’un trouble cardiaque.
  • Les diabétiques : puisque le diabète contribue à l’athérosclérose.
  • Les personnes migraineuses.
  • Les personnes atteintes d’apnée du sommeil. L’apnée peut entraîner une hausse de la pression sanguine et contribuer à la formation de caillots sanguins.
  • Les personne qui ont une polyglobulie (un nombre élevé de globules rouges dans le sang).
  • Les personnes dont un proche parent a été atteint d’un AVC.

VI- Les facteurs de risque:

  • L’hypertension artérielle et l’hypercholestérolémie sont les deux principaux facteurs de risque.
  • Le tabagisme qui contribue à l’athérosclérose.
  • L’obésité et la sédentarité.
  • La mauvaise alimentation.
  • Le stress chronique.
  • La prise de contraceptifs oraux, surtout dans le cas des femmes qui sont à risque et qui ont plus de 35 ans.

VII- La prévention:

Selon le guide de prévention de l’accident vasculaire cérébral édité en 2011 par l’American Heart Association, les personnes ayant de saines habitudes de vie réduisent de 80 % leur risque de subir un premier AVC par rapport à celles qui négligent les facteurs de risque.

  • Ne pas fumer.
  • Éviter l’alcool.
  • Faire des activités physiques régulièrement.
  • Maintenir un poids santé ( Voir notre article sur L’IMC ).
  • Faire des bons choix alimentaires
  • Apprendre à mieux affronter le stress.
  • Changer de méthode contraceptive si c’est nécessaire. Les femmes de plus de 35 ans qui prennent une pilule contraceptive et qui sont considérées comme à risque (parce qu’elles fument ou parce qu’elles ont une tension artérielle élevée…) devraient opter pour une autre méthode contraceptive, comme un dispositif intra-utérin ou une pilule qui ne contient que de la progestérone.
  • Surveiller régulièrement la tension artérielle.
  • Il faut faire fréquemment  un bilan lipidique.
  • Surveiller la glycémie.

Pour prévenir les récidives il faut prendre un médicament anticoagulant. On recommande aux personnes qui ont déjà été victimes d’un accident ischémique transitoire (mini-AVC), ou d’un AVC causé par une thrombose ou par une embolie cérébrales, de prendre quotidiennement un médicament qui réduira le risque de formation d’un caillot sanguin. Il peut s’agir d’un anticoagulant comme la warfarine (Coumadin®) ou le dabigatran (Pradax®) ou d’un antiplaquettaire comme l’aspirine ou le dipyridamole (Aggrenox®). Les personnes pour lesquelles l’aspirine est contre-indiquée peuvent prendre du bisulfate de clopidogrel (Plavix®) ou du chlorhydrate de ticlopidine (Ticlid®).

VIII- Conclusion:

Un accident vasculaire cérébral est une urgence médicale et nécessite un traitement immédiat, tout comme une crise cardiaque. Il faut contacter les services d’urgence le plus rapidement possible, même si les symptômes se résorbent après quelques minutes. Plus les soins sont obtenus rapidement, plus le risque de garder des séquelles diminue.

Megnafi Abdessamad

Dr. en Pharmacie

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *